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dimanche 31 mai 2009

"HOME"

« Home » est un film réalisé par Yann Arthus-Bertrand et produit par Luc Besson. C’est un documentaire réalisé uniquement à partir d’images aériennes qui à pour but de faire comprendre les enjeux du réchauffement climatique.


Le film sortira le 5 juin dans le monde entier sur tous les supports (DVD, Internet, Cinéma, Télévision) et disponible gratuitement !


Connaissant le travail de Yann Arthus Bertrand pour ces clichés de la Terre vue du ciel, je m’attends à un film avec des images magnifiques.


Bande annonce : ici
Site : ici


Wait & See ;)



jeudi 21 mai 2009

La terre et ses ressources - Cité des sciences, Paris

Une exposition à voir à la Cité des Sciences et de l'industrie : voir ici.


Pour l'instant nous ne sommes pas allés voir cette expo, nous ne manquerons pas de vous tenir informé de nos impressions. Si vous y êtes déjà allé, réagissez !!

vendredi 15 mai 2009

Le réveil tardif de la France

En France, pas de grands espaces à conquérir, ni de nature vierge à protéger mais une obsession : l’aménagement du territoire. Après guerre, on reconstruit et industrialise. Certains commencent aussi à remettre sérieusement en doute la croyance invétérée au progrès.

Jacques Ellul et la "Civilisation de puissance"

En 1954, Jacques Ellul, grand pourfendeur de la « civilisation de puissance », réussit à publier son livre « La technique ou l’enjeu du siècle » après quatre ans d’échec. Au moment même où la France rentre dans l’ère atomique, un individu se dresse contre la société technicienne. Il s'oppose à une conquête de la puissance pour la puissance qui aliène l'homme. Comme l’avait fait dans les années trente Georges Duhamel, il dénonce les mirages d’un mode de vie basé uniquement sur la satisfaction matérielle.

L’homme a un parcours atypique. Initialement protestant, il devient communiste et aide les républicains espagnols. Après guerre, il est professeur d’histoire des institutions politiques à Bordeaux et envisage avec son vieil ami Bernard Charbonneau, de fonder une école qui réunirait les opposants au « totalitarisme technologique ». Le projet capote mais sa marque de fabrique anti-technocratique demeurera. Ironiquement, il sera plus connu aux Etats-Unis, pays au modèle qu’il réprouve, qu’en France.

Bertrand de Jouvenel et la contestation du tout-économique

Bertrand de Jouvenel fait partie des résistants à la béatitude industrielle. Après des heures troubles sous l’occupation, il publie en 1957 « Arcadie, essais sur le mieux-vivre ». Sa grande idée est de remettre en cause l’indépendance de l’économie par rapport au monde. Il s’oppose ainsi aux deux grandes idéologies du moment : le marxisme et le libéralisme. Pour chaque richesse produite, il remarque des richesses détruites non prises en compte car gratuites. Ainsi en est t-il des différentes pollutions de l’air, de l’eau et du sol.

Son attirance pour les statistiques et les chiffres le conduit aussi à fonder le cercle de réflexion « Futuribles », qui publie des analyses sur les futurs possibles. Il est membre fondateur du fameux « Club de Rome » fondé en 1970 dont la devise est « Pas d’opposition aveugle au progrès mais une opposition au progrès aveugle ». Déçu du rapport de 72, il préfère la notion de bien-être à celle de développement économique.

L'environnement, affaire d'Etat

De l’apanage de quelques « illuminés » sympathiques mais marginaux, la protection de l’environnement devient affaire d’Etat dans les 60's. Quelques hauts fonctionnaires, plus conscients que les autres, évitent un bétonnage intégral. Philippe Saint-Marc fait partie de ces énarques "mordus" d’environnement.

C’est à lui que l’on doit la préservation des Landes et de la vallée de Chevreuse. Le gouvernement le charge de faire un nouveau « Sarcelles sur mer », comme pour la Côte d’Azur. Contre toute attente, il opte pour une répartition harmonieuse de la population et des touristes. Le recul de la marée grise est en marche, le Conservatoire du littoral viendra plus tard en… 75.

Trois ans après les parcs naturels, en 1963, on crée la DATAR. Elle a, entre autres, la fonction d’intégrer la préservation de la nature à l’aménagement du territoire. Les espaces naturels font désormais partie des équipements collectifs auxquels chaque français a droit. Face à des associations « naturalistes » spécialisées, les institutions se montrent capables d’inventer une approche pluridisciplinaire et surtout pratique.

Sous les pavés, l'écologie ?

Les lanceurs de pavés de 68 donnent le la d’un écologisme revendicatif. Audace suprême, scientifiques et universitaires se joignent à la fronde tandis que l’écologie devient une discipline « académique » enseignée à la faculté. Les écologistes universitaires ou non et leurs associations n’ont plus peur de défiler pour défendre leurs opinions. On défile à vélo pour dénoncer la construction des voies sur berges à Paris.

Les associations de clocher se fédèrent nationalement. Deux grandes ONG américaines, le WWF et Les Amis de la Terre arrivent sur la scène nationale. Elles apportent dans leurs bagages, une nouvelle forme d’action médiatique fondée sur le lobbying. Cet « atlantisme environnemental » contrarie de Gaulle qui veut placer un ancien gouverneur de l’Indochine à la tête du WWF France !

Les manifestations anti-nucléaires se multiplient à partir de la construction de la centrale de Fessenheim en 70. Pendant quelques années, l’opposition à l’atome permet une union sacrée des forces écologistes et pacifistes. Ce front commun ne résiste pas à la première candidature écolo à la présidentielle de 74. Le scrutin scinde les écolos en de multiples tendances que nous leur connaissons. Certains doutent du bien-fondé de l’écologie politique.
N’aurait-il pas mieux fallu écologiser la politique plutôt que de politiser l’écologie ? D’autres rêvent de parti écologiste ou d’autogestion.

Antoine Livoure

L’écologie sauce U.S

Objet de toutes les opprobres écologiques, les USA n’en sont pas moins l’un des pères fondateurs de l’écologie. Petit passage en revue de ces pionniers venus d’Outre-Atlantique, sans qui le vert ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

Henry Thoreau, l'homme des bois

Commençons par le « Rousseau yankee », Henry Thoreau (1817-1862). Pétri de romantisme envers l’état de nature, il conserve cependant le pragmatisme propre aux colons. Enfant d’un industriel de la Nouvelle-Angleterre, il découvre rapidement que l’éthique protestante du travail l’ennuie. Après deux ans à Harvard, au cours desquels il s’initie à la spiritualité orientale, le voici qui se retire dans les bois pour communier avec la nature. De cette expérience sortira son œuvre majeure « Walden ou la vie dans les bois », hymne à la compréhension entre tous les êtres et manuel pratique de vie au grand air.

Cet ouvrage développe une conception quasi religieuse de la nature, qui rappelle un autre grand penseur de l’époque, Ralph Waldo Emerson. Emerson est le pape du Transcendantalisme, pour qui la nature est un moyen d’union avec Dieu. Thoreau n’en reste pas moins les pieds sur Terre et propose une réflexion économique proche des théoriciens actuels de la décroissance. Il oppose la préoccupation unique pour le confort matériel à une simplicité volontaire qui permet de prendre conscience de son appartenance à la communauté des êtres vivants.

Engagé par ailleurs dans un combat politique contre l’esclavage, il développe l’idée de « résistance civile » qui sera reprise ultérieurement par Ghandi. Méconnu de la plupart, Thoreau reste surtout célèbre pour cet acte fondateur des mouvements contestataires contemporains.

John Muir, ermite politique


Au-delà de la vieille Amérique des Pères fondateurs sur la côte est, il y a l’Amérique des pionniers, celle qui repousse toujours plus loin les frontières de l’ouest. Ce parcours, c’est celui de John Muir, un écossais venu s’installer avec sa famille par delà l’océan. D’abord ingénieur autodidacte, il se transforme en naturaliste itinérant parcourant les Etats-Unis à la recherche de ses plus beaux sites. Finissant par se fixer à l’ouest dans les terres alors vierges de la Californie, il se prend de passion pour la Yosemite valley. A la fois penseur et scientifique, John Muir possède un sens aigu de l’observation. Faisant oeuvre de géologue, il élabore une théorie sur le rôle des glaciers dans la formation de sa vallée chérie.

L’homme ne se contente pas d’être passionné, il sait convaincre. Il orchestre de véritables campagnes de presse pour lutter contre le pâturage des troupeaux dans ce qu’il estime être le temple de la nature. Dans le feu de l’action, il se fâche avec un ancien ami, Gifford Pinchot. Cet ingénieur forestier est partisan d’une utilisation rationnelle de l’environnement. Pour Muir, la nature a une valeur esthétique et morale intrinsèque. Elle ne doit pas être totalement domestiquée. Cette conviction, il l’impose au président Théodore Roosevelt, qu’il invite à une partie de camping dans la Yosemite valley. L'endroit sera désormais parc national. Il laisse à la postérité la première ONG environnementaliste de l’histoire : le Sierra club fondé en 1892.

Aldo Leopold, le repenti de l'utilitarisme

Aldo Leopold est un repenti de l’utilitarisme, un ancien élève de Pinchot, qui critique radicalement sa vision uniquement gestionnaire de l’environnement.
Il passe des années aux Eaux et Forêts américaines où il est un grand spécialiste de la préservation des « ressources » en gibier. Puis intervient une sorte de « révélation » progressive sur les liens entre civilisation industrielle et environnement. D’exterminateur systématique des prédateurs « nuisibles », il devient leur protecteur. Le bureaucrate désabusé se transforme en prophète de la préservation de la nature inviolée. Il ne peut plus supporter la course au productivisme qui sous-tend la politique environnementale de l’époque.

Son livre le plus réputé, « Almanach d’un comté des sables » reprend la veine du naturaliste poète. Il y décrit minutieusement l’environnement naturel d’une vie champêtre. D’une vision de technocrate spécialisé et obsédé par le rendement, l’individu retrouve un lien intime avec la terre. D’un point de vue centré uniquement sur les intérêts humains, la culture humaine englobe l’ensemble de la vie.

Sa pensée est considérée comme fondatrice de l’écologie profonde, qui reconnaît à chaque être vivant les mêmes droits. La difficulté de ce droit naturel reste que ses principaux protagonistes, animaux et plantes, ne peuvent guère intenter de procès à l’humanité !


Anne Villet